NIA et DIA

Des temples de l’Égypte antique aux bois sacrés de l’Afrique noire

Le NIA et le DIA chez les Bamanans

Le KA et le BA chez les anciens Égyptiens

Nos ancêtres négro-africains de l’Égypte ancienne sont les premiers à avoir donné un schéma plus détaillé de la personnalité humaine dans toutes ses composantes tant visibles (mortelles) qu’invisibles (immortelles).

Leur savante observation de l’Homme va au-delà de la classique dualité âme-corps.

Pour nos illustres ancêtres, du haut de leurs sciences infuses de Maât, la véritable vie commence au-delà de la mort dite « terrestre ». La vraie mort, celle définitive, est l’incapacité pour le défunt d’aspirerà une nouvelle réincarnation. Elle n’est définitive qu’après le passage au tribunal d’OUSIRE/OSIRIS. Cette mort, la vraie, consiste pour le défunt en l’impossibilité d’accomplir d’autres missions terrestres afin de purifier l’énergie divine qui l’anime en corrigeant ses errances antérieures. Son KA s’éteint. Il ne sert plus qu’à nourrir le bas fluide souterrain, source d’inspiration des mauvais esprits et des initiés qui ont dévié.

Dès que le défunt a reçu la liberté de se réincarner, une nouvelle vie, réelle et éternelle cette fois-ci, est donc possible. Pour arriver à cet état de fait la connaissance profonde de certains principes spirituels est nécessaire. Parmi ces principes, en plus du corps, du cœur et du nom (principes vulgaires) nous avons le KA et le BA. Dans ce texte nous allons donc nous intéresser à ces deux principes qui sont au centre de la spiritualité authentique négro-africaine telle que fidèlement conservée dans nos sociétés ésotériques.

Il s’agit d’abord du NIA en bamanan, (le « KA » en égyptien antique) qui symbolise l’énergie vitale du défunt. Les libations, sacrifices et autres louanges permettent de faire vibrer le KA du défunt afin de le connecter aux vivants.

Tout comme le KA en égyptien antique, le NIA en bamanan résiste encore aux nombreuses tentatives de définition de l’homme occidental.

Ensuite nous parlerons du DIA qui est l’énergie symbolisant le mouvement du défunt, ses paroles et ses actes.

Bien qu’il soit banalement appelé « âme » en français, force est de reconnaître que les contours ésotériques du DIA demeurent toujours insaisissables dans les cultures eurasiatiques.

Seul un tour dans les traditions négro-africaines authentiques pourra élucider sur la fonction ésotérique de ces principes.

Selon les bamanans du Mali, la personnalité humaine se compose de deux parties invisibles. Le premier, le NIA, est ce qui survit à l’homme après son voyage inter-dimensionnel (vulgairement appelé « mort »). Il représente l’ensemble de l’énergie vitale de l’homme et peut être canalisé par des méthodes ésotériques afin d’assurer une omniprésence du défunt auprès de sa famille terrestre.

Chez les prêtres Bamanans, le NIA est au cœur d’un véritable culte qui assure la connexion entre le défunt et sa descendance. Vulgairement appelé « culte des ancêtres », le culte du NIA utilise les objets ayant appartenu aux défunts, le site où ils se recueillaient, ou simplement une icône qui les représente afin de servir de canal de communication.

L’impétrant ou le profane verra dans cette icône la représentation d’une divinité et n’hésitera pas à crier à l’animisme ou au polythéisme.

Cette icône appelée en bamanan le « Boli » n’est pas l’esprit qui l’habite.

Tout comme la croix qu’on suspend à son cou ou dans un coin de l’église n’est pas Jésus, le « Boli » n’est pas le NIA.

À la Mecque, dans l’angle sud-ouest de la KAABA, existe la pierre noire (en arabe al-Ḡajar al-Aswad). Loin d’être une divinité, elle symboliserait l’esprit de la fertilité. Des millions de pèlerins se bousculent pour simplement aller humer sa présence qui a le privilège de bénir leurs divers projets.

Tel est le schéma le plus limpide pour expliquer le concept de NIA chez les Bamanans.

En ce qui concerne le deuxième principe, à savoir le DIA, il représente ce que certaines peuplades eurasiatiques appellent usuellement « l’âme ».

Pour le Bamanan du bois sacré, le DIA est le siège de ce qui fait la personnalité invisible de l’individu (Charme, aura, douceur, assurance, etc.).

Pendant que le NIA demeure omniprésent, le DIA lui quitte le défunt à sa mort. Il rejoint le séjour des ancêtres et ne vibre que par le Nom.

C’est ainsi que le DIA est au cœur de la réincarnation notamment avec la cérémonie du Nom (le Tôkô, lors du baptême).

Si le Tôkô (contraction de Tôn’Kô ; c’est-à-dire Ce qui reste après nous) ou « Prénom », permet de faire revivre le DIA de l’ancêtre à travers le processus de la réincarnation, le DIAmoun ou « patronyme » est le Nom qui vulgarise ses exploits et les perpétue. Dans DIAmoun (DIA+ moun) le « moun » n’est qu’une interrogation (moun?=Quoi?). Nous voyons donc que par cette question il s’agit de donner les raisons précises qui font la grandeur du DIA de l’ancêtre dont il s’agit. Raisons qui justifieraient notre fierté de porter ce DIAmoun.

C’est sur ce principe sacré que jeteurs de sort et autres mauvais initiés s’appesantissent pour nuire à l’individu.

C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas rare d’entendre le bamanan dire « Ou yé kaarsa DIA taa » (On lui a volé son DIA);

Ou même « Ka’a DIA tikê » (séparer quelqu’un de son DIA). Cette dernière attitude rend l’homme vulnérable en le vidant momentanément de son énergie vitale

La peur en est le facteur connu.

Cet exemple des principes sacrés de NIA et DIA nous renvoie encore une fois vers l’unité culturelle entre l’Afrique spirituelle d’aujourd’hui et l’Égypte pharaonique

Une connaissance même partielle de nos enseignements ésotériques pointerait vers cette vérité indéniable

Les enseignements du temple de KARNAK n’ont pas péri malgré la traque encore vivace. Ils sont plus vivants aujourd’hui qu’hier, à l’abri de regards pernicieux

Faites un tour dans le bois sacré et vous sortirez avec tout le trésor spirituel qui fit le rayonnement de WASSA (WASET) en Égypte antique.

Paix sur vous!

MODIBO FAKOLI DOUMBIA

Chargé de communication à  3RNA-MAAYA.

 

This article has 1 comment

  1. Bonjour,

    La question est de savoir si on invoque un ancestre qui s’est déjà réincarné (c’est à dire qui est déja revenu sur terre) que se passera t-il?
    Comment faire pour savoir que celui ci est toujours dans le monde des ancestres?

    Bien à vous

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